Mairie de Hortes

Statue Julien Joseph Virey

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Mairie et école

Rue Camille Perfetti

Rue du château

Salle des fêtes

Eglise Saint Didier

Hortes clocher travaux 200 Pajusco 2017.
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Hortes  2016 lavoir St Didier Pajusco
Hortes ancien lavoir 2017 place Virey Pa
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Sa situation et ses origines
Avant d'aborder la description de notre patrimoine, je souhaite évoquer quelques périodes  de la grande histoire de ce bourg. Toutes ces époques ont déjà été longuement relatées par divers auteurs. J'en ferai un bref résumé. Chef-lieu de canton peu avant 1800, Hortes fait partie actuellement du canton de Terre-Natale (commune de Varennes-surAmance). Son altitude de 291 m (mairie), situe ce village au pied du plateau de Langres, à quelques 15 km à l'Est de cette ville. Son territoire s'étend sur plus de 2000 hectares, sur la vaste dépression de l'Amance. Sa forêt communale représente un quart du territoire. Son sous-sol est riche en argile, sable et grès. De nombreux fossiles se sont bien conservés (ammonites, gastéropodes...). L'étymologie de Hortes la plus souvent citée, provient d'une origine latine, hortus, le jardin. Autour du ruisseau des Tanneries (qui prend sa source au Dricourt), la terre est d'une fertilité remarquable. Hortes devait être, dans des temps plus reculés, " un des greniers du sud-haut-marnais ", pour la richesse de ses cultures. Hortes s'est aussi écrit Orthes et cette racine semblerait contredire la première étymologie (charte de 886). 
Premières présences humaines Les plus anciennes traces d'une présence humaine sur le 27
territoire de la commune de Hortes remonte au paléolithique  moyen, période située entre 80 000 et 40 000 ans avant Jésus-Christ.

Il s'agit d'outils (racloirs, couteaux, encoches...) ou d'éclats de silex ou autres roches provenant de leur fabrication ou du débitage des matériaux utilisés. L'ensemble de cet outillage ou industrie moustérienne a été fabriqué par l'homme de Neandertal qui connaissait l'usage du feu et enterrait déjà ses morts. Il ignorait la pratique de la culture et de l'élevage, vivait de chasse, de pêche et de cueillette, menait une vie de nomade ou semi-nomade. Des ensembles délimités, où il y a concentration de matériel, (plus communément appelés stations) datant de cette époque, ont été localisés à Hortes. Le mésolithique est une période de transition entre la fin du paléolithique supérieur (-10 000) et du néolithique (-4 500 à -1 800). L'homme est toujours chasseur et l'utilisation de l'arc va se généraliser. Une station à Hortes a livré des outils de cette époque.
Premiers cultivateurs et éleveurs Ces diverses périodes de la préhistoire ont pu être établies grâce à des recherches méticuleuses de Claude Gouspy, instituteur à Hortes depuis 1966. J'ai eu personnellement  l'opportunité, à mon grand plaisir, de trouver quelques unes de ces pièces sur les conseils et les informations de ce dernier. Des stations néolithiques sont aussi présentes. Le musée de Langres possède un percuteur et quelques silex taillés de cette époque. L'homme devient cultivateur et éleveur. Il va se sédentariser, fabriquer des poteries, des haches polies, ériger les premiers monuments mégalithiques, les dolmens et les menhirs. Des armatures de flèches en silex attestent une présence aux premiers âges des métaux   

Ne trouve-t-on pas dans une partie boisée de Hortes des coffres en pierre et des tumuli (monticules de terre et de pierres) prouvant que l'homme y inhumait ses morts et les incinérait ?
La période gallo-romaine

Il est difficile de déterminer la période où la concentration même du village a eu lieu. Les gaulois, les romains ? Il est certain que les romains ont traversé la région du sud haut-marnais. Ils s'y sont même implantés. Langres était un centre militaire important durant les conquêtes romaines, mais il n'y a pas de trace de vestiges fortifiés à Hortes. On peut constater par contre, l'existence de deux mardelles. Elles auraient été creusées pour y abreuver les chevaux. L'une est à l'Est, l'autre à l'Ouest au lieu-dit : " Les Terres Rouges ". Il y a un ancien chemin dit " La Voie du Moulin "  et plus anciennement appelé " Voie des Romains ". Il traverse le territoire d'Est en Ouest. Cette période se situe vers l'an 300 après Jésus-Christ. La période des barbares suit. Puis l'après Charlemagne fit apparaître dans une charte, en 886, le village de Hortes. Cette charte confirme plusieurs donations faites à l'Evêque de Langres. Entre seigneurs et évêques, diverses rivalités s'affrontaient. A cette époque, la domination épiscopale était incontestable par la présence successive à Langres de ses évêques. Les guerres de religions, l'invasion des Croates, des Espagnols et des Suédois terrorisèrent notre région. En 1140, il est fait mention d'un seigneur, Marcellin d'Hortes et de son frère Eudes. Tous deux furent bienfaiteurs de 31
l'abbaye de Morimond (à la limite des Vosges). C'est l'époque où les monastères fleurissaient dans le creux de nos vallons.
C'était aussi l'époque où les châteaux s'élevaient afin que les seigneurs assurent leur sécurité et celle de leurs fermiers. Marcellin ne reviendra pas des Croisades. En 1155, il fut cité Gui de Hortes, fils de Marcellin. Viennet de Hortes, en 1248, donna quarante sols au chapitre de la cathédrale. Euvrard de Hortes fut le dernier cité. Le domaine laïque passa ensuite au XVème siècle, à la famille de Thons qui était seigneur de Torcenay,  puis au XVIème siècle, à la famille Livron de Bourbonne, dont François fut le seigneur. Il garda le domaine jusqu'à la Révolution. On trouve à Hortes une rue qui fait mention d'un château dont les traces n'ont pas été confirmées. Il existe dans ce quartier un souterrain qui avait peut-être un rapport direct avec ce dernier. L'évêché était propriétaire d'une grande partie du village. Sa puissance dominante n'avait rien d'égal avec la noblesse laïque. L'évêque avait une emprise considérable sur les villages voisins. En 1733, il est fait mention de Gabriel de Giey, baron de Hortes, de Giey et d'Arbigny. Les évêques obtinrent le droit de battre monnaie sous le règne de Charles-le-Chauve. Ils créèrent des foires (le 10 février, 17 mai, 31 août, 7 octobre et 4 novembre). C'est l'évêque Pierre 1er de Rochefort qui établit le premier marché en 1325. La Révolution amena son lot de désastres. Sous la Restauration en 1814, la population fut terrorisée au passage de milliers d'hommes à l'occasion duquel, réquisitions et pillages furent l'objet de tristes souvenirs.

La guerre de 1870

Seule la guerre de 1870 épargna totalement le village. En décembre de cette même année, un corps d'armée de Prussiens et de Bavarois bivouaquèrent à Fayl-Billot. Traversant notre région, les mouvements de troupes furent nombreux.
La guerre de 1914

Le 2 août 1914, notre pays entra en guerre avec l'Allemagne, qui venait de la lui déclarer. Hortes, quelques jours après, fut le théâtre d'un triste mouvement de mobilisation. Varennes en fut le centre principal. Les mois passèrent. En 1918, Hortes devint le centre d'un commandement de troupes américaines. Evénement insolite, des hommes de race noire furent cantonnés au val de Presles. L'on retrouve d'ailleurs quelques photos de cette période. Ils participèrent à la remise en route et à l'approvisionnement de l'usine Scheurer, qui était totalement arrêtée, les ouvriers étant mobilisés. Le 11 novembre 1918 mit fin  à cette terrible guerre qui ne
fit pas moins de 43 morts pour Hortes parmi les soixante-treize de Haute-Amance. Nos cloches, à la volée, annoncèrent l'armistice.

La guerre de 1939

Le 2 septembre 1939, la France et l'Angleterre entrèrent en guerre avec l'Allemagne hitlérienne. La population se sentait un peu protégée par la fameuse ligne Maginot, mais bien vite, ce matin de printemps du 10 mai 1940, la population encore endormie, prit conscience de l'ampleur des hostilités. Le viaduc de Hortes était la cible des bombes ennemies. Une centaine déferlèrent, mais l'ouvrage ne fut pas endommagé. Le 15 mai, une deuxième tentative de l'aviation allemande manqua ce dernier à nouveau. Après des informations alarmistes, le 15 juin, et des bombardements répétés de convois militaires dans toute la région, les habitants décidèrent de quitter le pays. Hortes devint un village fantôme. Seules, quelques dizaines d'habitants restèrent. C'était l'exode qui débutait. Le 16 juin, l'ennemi occupa le village. Ce fut le début des réquisitions. Plusieurs hommes de Hortes prirent part durant ce conflit, à des faits de résistance au sein du maquis de Varennes-sur-Amance. Ce 14 juillet 1940, une unique gerbe fut déposée au monument aux morts par le conseil municipal seul autorisé à participer à cette manifestation. Le drapeau Allemand flottait sur la façade de notre mairie. A la fin de l'année 1943, les troupes allemandes quittèrent le village mais ce dernier resta toujours sous la surveillance d'un gendarme allemand. Cette guerre laissa les douloureuses et inoubliables traces de la déportation et du décès de certains habitants. Le 14 septembre 1944 vers 11 heures, une colonne de
quelques blindés et hommes de troupe arriva en provenance de Dijon.                        

Hortes était libéré


L'église Saint-Didier
La bâtisse C'est à l'emplacement de la Vierge du cimetière, à quelques deux mètres en dessous du niveau de celui-ci, que fut construit la première église. Elle fut dévastée à plusieurs reprises. Fort ancienne, avec des origines assez floues, elle sera reconstruite en 1455 grâce à Guy Bernard, 86ème évêque de Langres. Lorsque l'on creuse une tombe sur son ancien site, on retrouve le niveau de cet ancien édifice sous forme de grandes dalles et de nombreuses pierres noircies par l'incendie qui l'a détruit le 26 septembre 1636. L'église fut restaurée sous Clément Macheret, curé de l'époque, qui obtint des reliques de St-Didier. C'est l'évêque luimême qui les déposa dans le maître-autel. L'église se dégradant et étant d'une dimension bien insuffisante pour la population du moment, il fut envisagé une nouvelle construction. Voici un document, en date du 31 décembre 1737, extrait des registres du Conseil d'Etat qui relate une demande adressée au roi, pour l'utilisation des bois de la commune pour reconstruire,  je pense, l'ancienne église située vers la vierge. Ce document fut envoyé à Versailles au roi Louis XV le Bien-Aimé.
 
" Sur la Requête présentée au Roy en son conseil par les habitants de la communauté d'Hortes du ressort de la Maîtrise des Sens convenant que la nef de l'Eglise du dit lieu ayant besoin pressant d'être réparée de même que le clocher dont la charpente est en partie corrompue. Et pourrie comme aussi la couverture qui est en bois. Et encore la charpente de la sacristie pour raison de quoi le s. archidiacre en faisant sa visite les a menacé d'interdire la dite Eglise si les réparations en question ne sont promptement faites qu'il passe dans leur finage une rivière qui fait le commencement de la rivière de Lamance sur laquelle il faut nécessairement avoir ponts parce que cette rivière se divise en trois canaux, lesquels ponts sont d'autant plus nécessaires et indispensables que les prés. Et les bois communaux étant au-delà de la rivière, on ne peut passer pour y aller quand les eaux sont grandes, que ces ponts étant totalement minés cela fait que les habitants des lieux profitent du dit défaut de passage pour dégrader leurs bois en sorte que c'est encore une réparation des plus pressantes à faire que quoi qu'ils soient accablés d'impôts ils feront leurs efforts pour ce qui est de la main-d'oeuvre. Il n'y a que les bois nécessaires à ce sujet pour raison desquels ils ont recours à Sa Majesté et représentant très humblement qu'ils peuvent être pris dans leurs bois communaux qui contiennent au total cinq cents soixante douze arpents, dont quatre vingt seize arpents ont été mis en réforme, ils espèrent que
Sa Majesté fera d'autant moins de difficultés de leur en accorder la permission qu'eux de même que leurs ancêtres ont toujours fait de leur mieux pour conserver leurs bois, en sorte qu'ils sont peuplés d'une très grande quantité de chênes dont beaucoup sont couronnés sur le retour et dépérissent.
Et même par leur ombrage offusquent les taillis, que suivant le procès verbal qu'ils ont fait dresser par expert le six août mil sept cent trente six. Ensuite d'une assemblée du vingt cinq juillet précédent, les bois dont ils ont besoin consistent en six cent trente et un pieds de chênes qui peuvent être pris dans le canton de bois appelé le dervillon dans les viages des années passées la présente, dans lesquelles les chênes sont en très grand nombre ayant été assez bien conservés, cela ne causera aucun dommage, au contraire beaucoup de bien, encore que la revenue y croîtra mieux, et que les chênes y restant feront qu'il ne viendra qu'un taillis de mauvaise croissance et rabougri à cause de la quantité de branche qui les couvrent et offusquent. A ces causes requêrent les suppliants qu'il plût à Sa Majesté leur accorder la permission de faire couper dans leurs communaux la quantité de bois portée au dit rapport dans les endroits les moins dommageables à prendre les plus mauvais dépérissants qui se trouvent dans les Communaux. Entr'autres dans le canton appelé dervillon pour être employés aux réparations dont il est question. Et comme la Communauté qui se trouvera engagée à bien des dépenses, n'est pas en état de faire de grands frais, ordonnent en leur accordant la permission que le martelage en sera fait par l'inspecteur de la maîtrise qui réside à Langres, et qu'ils seront

en outre dispensés de la levée d'un arrêt en lettres patentées ainsi que des autres formalités présentées par l'ordonnance, d'en la dite requête le deux ou six août mil sept cent trente six ci-dessus mentionné, et les prières ci jointes, ensemble l'avis du sieur de la fa   grand maître des eaux et forêts du département despuis su deux juillet mil sept cent trente sept.
 Ouî, le rapport du sieur Orry Conseil d'Etat et Ordinaire au Conseil Royal Contrôleur Général des finances. Le Roy en son conseil ayant égard à la requête a ordonné et ordonne que par le sieur de la falière, grand Maître des Eaux et Forêts du département de pairs ou celuy des officiers de la maîtrise de Sens qu'il jugera à propos de commettre. Il sera fait marque la délivrance aux suppliants de quatre cents quatre vingt deux pieds d'arbres à prendre les plus anciens en dépérissance du nombre de ceux étant dans les coupes ordinaires des taillis des bois dépendant de la Communauté d'Hortes usées les deux dernières années et dans celle en usance la présente année mil sept cent trente sept pour employer en nature, ou le prix qui en proviendra aux ouvrages à faire tant à l'Eglise qu'aux ponts du dit lieu. Et non a autres ouvrages à peine de confiscation et d'amande. Ordonne en outre Sa Majesté que par le dit sieur grand Maître ou les officiers de la Maîtrise sur la Commission, il sera incessamment ajouté aux quatre vingt seize arpents de bois ci dedans mis en réforme dans ceux de la dite Communauté, ce qui y manque pour composer le quart juste de la totalité des bois à prendre dans le meilleur fond et la plus propre à produire de la futaie, pour que les suppliants et leurs successeurs puissent pour quelque prétexte que ce soit, y faire aucune coupe si ce n'est en
vertu d'arrêts et lettres patentes dûment vérifié conformément à l'ordonnance des Eaux et Forêts du mois d'août  mil six cent soixante neuf, et que les bois autres quarts seront règlés en coupes ordinaire à l'âge de vingt cinq ans distinguées et désignées par première et dernière sur le plan général des bois pour le nombre d'arpents dont chacune doit être composée

 

A l'essor de quoi il en sera dressé procès verbal pour être avec le dit plan déposé aux greffes de la dite maîtrise et que lors de chaque coupe il sera réformé vingt cinq baliveaux de l'âge du taillis par arpent de bois en essence de chêne. Autant que faire le pourra outre les anciens et modernes qui s'y trouveront, feront les suppliants tenues de remettre au greffe de la maîtrise les pièces justificatives de l'emploi des arbres un an après au plus tard que la coupe en aura été faite et attendu les aménagements présentés par le présent arrêt Sa Majesté a dispensé les suppliants pour la coupe des arbres de la formalité des lettres patentes portée par la dite ordonnance de mil six cent soixante neuf ". Fait au Conseil d'Etat du Roi à Versailles le trente et un décembre mil sept cent trente sept.
Une autre église vit le jour en 1781, date à laquelle les premiers travaux commencèrent à l'emplacement de l'église actuelle.  Ce n'est qu'en décembre 1783 que le culte commença. Cette date est gravée sur la partie supérieure du fronton de l'église. Cette construction s'acheva en 1786. La construction fut menée à bien par Monsieur Menne, entrepreneur. En 1821, un enduit à base de chaux recouvrit les murs intérieurs. En 1822, son agrandissement fut envisagé. En 1829, des plans et un devis furent établis par Monsieur Loisellot, entrepreneur à Velles et sous la responsabilité de Henry Barbier, architecte à Vesaignes. L'ensemble du projet, accepté par le conseil municipal, fut envoyé par Pierre Bourier, maire de l'époque, à Monsieur Chaussier, architecte à Chaumont.
Le 17 septembre 1829, en mairie de Langres et sous la présidence de Monsieur le sous-préfet, l'adjudication au rabais de l'agrandissement de  notre église fut ouverte. Le rabais fut ouvert sur la somme de 34 168 F. Claude Dondot de Marac fit rabais à 33 900 F. Jean-Baptiste Hérost, entrepreneur à Juzennecourt fit rabais à 33 900 F. " ...un huitième feu allumé sur cette dernière mise, s'étant éteint sans nouveau rabais, l'adjudication a été tranchée moyennant la dite somme de 33 900 F au profit du sieur Jean-Baptiste Hérost... ".  C'est en 1830 que fut posée la première pierre. En 1832, l'église fut agrandie par le choeur et son abside, le déambulatoire et  les transepts avec leur chapelle respective. C'est à ce moment là qu'elle trouva sa dimension actuelle, où elle a pour forme, une croix latine. Le coût global et définitif s'éleva à 35 600 F. Voici le procès-verbal de sa bénédiction :
" L'an de grâce mil huit cent trente deux, le deux du mois de septembre, nous, soussigné, Anatole Barillot, vicaire général, supérieur du grand séminaire, avons béni, conformément à ce qui est dans le rituel, l'église d'Hortes augmentée et réparée dans sa principale partie, aux frais de la commune, et mise sous le vocable de St-Didier, patron de la paroisse, en présence de Messieurs Jolly, directeur du petit séminaire, Lamy, desservant de la paroisse, Huin, vicaire et des membres du conseil de fabrique qui ont signé avec nous le présent acte ".
Un mois après, c'est Monseigneur Jacques Marie Mathieu, évêque de Langres, qui consacra l'église et l'autel.
La paroisse fêta le centenaire de cette  consécration en novembre 1933. L'église dans son ensemble est, dans un village, l'empreinte profonde de sa personnalité. Elle est le centre de ce dernier, elle en est le monument principal. Elle est la gardienne des vivants et des morts. Elle symbolise la tradition, que l'on respecte ou que l'on bafoue. Elle évoque enfin, la vie et la mort des générations. Elle est le lieu d'une influence profane. Ce n'est pas par hasard si la mairie et les écoles sont proches d'elle. Notre église St-Didier de Hortes, d'une architecture romane, est d'une taille tout à fait surprenante pour l'importance du village. Le nombre de ses habitants au moment de sa construction, plus de 1300, n'explique pas tout. Hortes était aussi un important centre religieux. Ces deux raisons expliqueraient cette taille, qui en fait, par sa dimension d'environ 50 m x 32 m, l'une des plus grandes églises de la région. Le chevet d'une église, c'est à dire la partie postérieure du choeur, est en général dirigé vers l'Est (Jérusalem). Ce n'est pas le cas de l'église St-Didier. Elle possède un déambulatoire exceptionnellement remarquable. La voûte en berceau plein cintre est supportée par seize piliers en pierre de sable, extraite d'une carrière locale, au lieu-dit " Champs charbonnier ". Cette pierre est relativement fragile.

Une personne voyant cette bâtisse pour la première fois est très surprise par son aspect trapu, austère, puissant, qui pourrait faire penser à un château ou à une place forte !
En 1957 et 1958, la voûte de l'édifice est renforcée. La rénovation intérieure  de l'église est entreprise en 1979. Le poids des années avait sérieusement endommagé les enduits. Elle était chauffée par des poêles à bois qui se chargeaient bien plus souvent de fumer et de noircir que de chauffer. Leurs cheminées respectives furent réalisées en 1935. La charpente, moins spectaculaire que celle du clocher, est néanmoins très imposante. Elle est facilement accessible par une porte qui se trouve au premier niveau du clocher.
Le clocher

Avant les années 1860, le clocher ne s'élevait guère plus haut que les abat-sons et n'était pas couronné de sa belle flèche actuelle. Son toit était en tuile ancienne, sur quatre pans et d'une taille très modeste ainsi que quatre petits abat- sons. Vu l'état délabré de la construction, en 1859, le conseil municipal émit l'hypothèse de remplacer ce dernier. Il fit appel à Monsieur Barbier, architecte, qui présenta un devis de 12 309 F. Cette somme représentait un important investissement pour les maigres finances de la commune.
Les besoins de la population imposaient un clocher plus haut. Les villageois habitant les extérieurs du village étaient plus nombreux qu'aujourd'hui et à cette époque, l'ensemble de la vie du village était ponctuée par  ses cloches. Après délibération, le conseil accepta le projet que Monsieur Barbier leur soumit. La réalisation en sera superbe.
 Sa charpente imposante, l'ensemble fuyant de sa flèche, les ornements en pierre au-dessus des cadrans de l'horloge, des mois de travaux ont permis pour finalité, une réussite totale. Les villageois en étaient fiers. C'est Monsieur Hannaire, entrepreneur, qui réalisa ces travaux. Le chantier fut visité par de nombreux curieux. C'était l'objet pour eux, d'une promenade dominicale. Suite à l'orage du 22 juin 1861, sa toiture fut en partie détruite, cette toiture qui était seulement en construction. Sur les comptes rendus du conseil, il est même question d'ouragan ! Une somme supplémentaire fut votée pour la remise en état de cette couverture. Ce n'est qu'en janvier 1862 que les travaux s'achevèrent. En 1888, à la suite d'un nouvel orage, la toiture fut à nouveau réparée. Peu avant la mobilisation de 1914, un orage de grêle imposa une réparation. Un important échafaudage sera mis en place. Il y restera jusqu'en 1919, date à laquelle les travaux se terminèrent. De juillet 1949 à août 1950, trente ans après, les ardoises furent changées. En 1979, à l'exception du clocher, toute la  toiture fut refaite pour un montant de 390 962 F. Malheureusement, en juillet 1984, une tempête de grêle s'abattit sur le village et c'est une grande partie du toit de l'église qui dut être refait (lattage, tuiles plates) et le clocher dut être à nouveau échafaudé. Cette charpente plus que centenaire s'est vrillée en partant de sa base dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Soixante quinze marches permettent d'accéder à la chambre des cloches, espace privilégié d'une visite, dans un monde irréel, d'où l'on peut contempler notre si beau village. Un sentiment de crainte, peut-être, où le vide vous attire, le monde est bien petit. Et puis soudain, sentinelles du temps, les cloches vous rappellent que la vie continue. Deux ensembles d'abat-sons sont recouverts d'ardoise et répartis sur les quatre faces du clocher. Cette tour mesure environ cinquante deux mètres. Elle est surmontée d'un superbe coq.
Le coq

Le coq de nos clochers est tout un symbole, symbole de vigilance et symbole de notre peuple de France. C'est aussi ce coq qui attend le lever du jour, image du Soleil de justice, c'est-à-dire image du Christ. Ce sont les moines irlandais, sous la conduite de St- Patrick, qui à partir du VIème siècle, ont amené cette tradition pendant la période où ils ont rechristianisé la Gaule. Notre coq fut descendu en 1914, lors de la rénovation de la toiture, et, le 5 juillet de cette même année, après avoir été rénové, il retrouva de nouveau  son perchoir. Lors des travaux de la toiture du clocher, en 1950, un coq neuf fut hissé en son sommet. Il était monté sur roulement à billes. Suite à l'orage de juillet 1984, pendant la rénovation de la toiture du clocher, le coq fut de nouveau rénové. Sa remise en place en avril 1985 par  un ouvrier de l'entreprise Gallissot responsable des travaux, fut l'objet d'une sympathique cérémonie où la population, les élus et les enfants des écoles furent admiratifs. 

Voici un poème écrit par les élèves de l'école primaire de Hortes à l'occasion de cette cérémonie.

Je suis le coq du clocher.


Je suis le coq du clocher, le soleil me fait briller, Et le vent me fait tourner. Je n'ai jamais su marcher,
Je suis un vieux coq perché, qui s'endort la nuit tombée. Au milieu de mille nuées, du haut de mon perchoir,
Je peux tout apercevoir. Chaque année, j'attends l'été, Pour admirer les gras prés, avec leurs fleurs parfumées.
Je voudrais bien picorer,  le blé que l'on a semé, Et que je vois germer. Je brave tous les dangers,
Mais là-haut est mon métier. Je tourne et vire tout le temps, Et j'indique d'où vient le vent. Je m'endors la nuit tombée.
Je grelottais aux temps froids, personne ne pensait à moi. Mais en été tout là-haut, je vous assure qu'il fait chaud.
J'étais tellement rouillé,  qu'ils sont venus me chercher. Les grêlons m'avaient bombardé, une balle m'avait blessé.
Un ouvrier m'a enlevé, il m'a gentiment soigné. J'ai retrouvé la santé, on m'a repeint et doré,
Les enfants m'ont promené, et tout le monde m'a admiré. En classe, ils m'ont dessiné,   je suis le coq du clocher, Je suis à nouveau perché.

Voici un petit manuscrit qu'il ne faut passer sous silence.

Je suis le coq du village
Je suis le coq du village, Personne ne connaît mon âge. Perché tout près des nuages, Je domine le paysage. Le soleil sur mon plumage, Embellit mon maquillage. Si seulement mon ramage, Ressemblait à mon plumage. Il me faut bien du courage, Pour affronter les orages. J'assiste à tous les mariages, Je vois de beaux visages. Mes frères, les oiseaux sauvages, Je les salue au passage.
Le beffroi

Le beffroi est la charpente de chêne, quelquefois métallique (voir page 113), qui reçoit les cloches afin qu'elles puissent se balancer. Il repose sur quatre grosses pierres d'angles, appelées corbeaux ou corbelets. Son poids et sa conception doivent pouvoir lui permettre de supporter le balancement à la volée des cloches sans aucun scellement ni fixation. Ce bâti, indépendant de la maçonnerie, permet de ne pas ébranler, lors des sonneries, les murs du clocher. La souplesse du bois permet d'amortir les vibrations provoquées par la volée, la maçonnerie étant ainsi préservée de toute fissure. Sa réalisation est un travail de charpentier. Le beffroi de Hortes, à l'origine, a été très mal conçu. Se dégradant par le poids des années, il fut lesté par un plancher en béton de mauvaise qualité, à tendance poreuse, en bloquant totalement les poutres principales. Mais l'humidité, quasi permanente de ces lieux, s'y est infiltrée. Au bout de quelques années, sous le plancher en béton, furent placés des madriers afin d'étayer l'ensemble du beffroi. Il fut renforcé à deux autres reprises par des tirants métalliques assez nombreux mais qui ne suffirent pas à stabiliser définitivement ce dernier. Il sera renforcé en 1989 par les Ets Hennequin de Champlitte pour un montant de 45 000 F. Un voisin proche de l'église m'a signalé une anomalie. Lorsque les trois cloches étaient à la volée, la croix et le coq surmontant le clocher, se balançaient d'une façon tout à fait inhabituelle. Je suis monté au-dessus du niveau des cloches et, pendant le balancement de ces dernières, j'ai constaté que le beffroi, d'une part surdimensionné et d'autre
part se disloquant, tapait sur la structure même de la maçonnerie. 


 Il devenait urgent de trouver une solution. Dans l'intervalle, la société qui assure la maintenance annuelle des cloches, a envoyé à deux reprises à la municipalité, une mise en garde du danger d'une telle situation. C'est ainsi qu'en 1994 fut décidé le remplacement du beffroi. Il faut savoir que les cloches en balancement développent 2,7 fois leur poids soit une contrainte de plus de 12 tonnes. Sa fabrication respecte un coefficient de sécurité de 3. Sa base mesure  4,15 m x 4,15 m, partie intérieure la plus large du clocher. Durant les travaux, les trois cloches furent suspendues à la charpente de la flèche. L'ancien beffroi fut totalement démonté à partir du 15 septembre 1994. Son ossature fut déposée au pied du clocher. Le plancher en béton fut cassé. C'est à ce moment que le nouveau beffroi fut assemblé. Il représentait un volume de cinq mètres cube avec son plancher en châtaignier et  ses poutres en chêne. Les cloches se balanceront toutes dans le même sens, contrairement à l'ancienne configuration. Le sens de balancement fut choisi pour que l'effort soit réparti contre la nef. Le 21 septembre 1994, après quinze jours de travaux, l'ossature du beffroi fut assemblée à hauteur des abat-sons. Le tout fut renforcé par un chevillage en acacia. La nouvelle cloche fut hissée au moyen d'un palan le 22 septembre, date à laquelle elle alla rejoindre ses trois compagnes. La partie mécanique allait être replacée. Enfin, l'installation électrique fut refaite. Le coût du beffroi est d'environ 210 000 F. Durant les travaux, il s'est avéré que deux des corbeaux sont affaiblis, par fissure pour l'un et par manque de pierre pour l'autre. Après avoir envisagé un chevillage de ces derniers, c'est en définitive deux petites poutrelles en angle qui sont venues renforcer ces supports.

Les cloches C'est en 1810 que les cloches furent fondues sous l'administration d'Isaac Barillot, maire de la commune. Les parrains et marraines des trois cloches furent Monsieur le Maire de Hortes et son épouse, Marie Boudrot. Nicolas Caroillon, maire de Beaulieu et son épouse, Elisabeth Lebrun. Nicolas Boisselier, propriétaire au village et dame Elisabeth Virey, fille de l'ancien notaire. Elles furent toutes trois bénites par Monsieur le Curé Pierre-Nicolas Barbier, desservant notre paroisse. En 1860, on peut lire dans un compte-rendu du conseil que la cloche principale de l'église est cassée et que les autres sont insuffisantes pour les besoins de la population. Le conseil de fabrique de la paroisse de Hortes organisa une souscription pour leur remplacement. Elle s'élevait à 2 000 F. La commune lui viendra en aide pour la somme de 3 000 F. Voici plus d'un siècle que la vie quotidienne du village est rythmée par ses cloches. Au nombre de trois jusqu'à ce jour, Angélique-Yannick est venue étoffer notre patrimoine campanaire. Toutes quatre, elles cohabitent admirablement bien de par leur sonorité. Marcel Arland, notre écrivain académicien et voisin, dans son roman Terre natale, n'a pas ménagé nos cloches dans ces termes : " J'entendis une cloche tinter au loin. - Qu'est-ce que c'est, à ton avis ? - Les cloches de Bise ? - Non ; elles tinteraient moins clair... - Les cloches d'Hortes ? - Penses-tu, les cloches d'Hortes, on dirait des sonnettes
pour les vaches... " Il est relaté que nos cloches, avant qu'elles soient refondues, avaient  le renom d'une sonorité désagréable. Cette idée est restée dans les esprits. Cela explique leur citation dans le roman de Marcel Arland.
Le bourdon C'est la cloche la plus importante de Haute-Amance. Bien qu'il n'y ait pas de norme pour l'appellation de bourdon, sa sonorité riche et puissante est digne d'être appelée ainsi. En 1870, son tintement invitera chaque soir la population à participer à une réunion publique devant la mairie afin d'être informée des évolutions de la guerre. Voici les inscriptions, qui avec tous les motifs religieux et les frises, ornent cette cloche.
L'AN 1860 FONDUE PAR LES SOINS DE MR ALEXANDRE ANTOINE VIARD MAIRE ET MR JEAN BAPTISTE SOMMIER CURE DE HORTES BENITE PAR MONSEIGNEUR GUERIN EVEQUE DE LANGRES. J'AI EU POUR PARRAIN MR JEAN BAPTISTE STANISLAS MARTIAL MIGNERET PREFET DU BAS-RHIN, COMMANDEUR DE LA LEGION D'HONNEUR, DECORE DES ORDRES D'ESPAGNE, DE BAVIERE, DE HESSE ET DE BADE ET POUR MARRAINE MADAME HENRIETTE THEODORE ADELE POULLAIN, EPOUSE DE MR VIARD MAIRE QUI M'ONT DONNE LES NOMS DE HENRIETTE STANISLAS.
Poids :     1644 kg Diamètre à la base : 1,43 m
Hauteur : 1,40 m Particularité : elle possède un éclat  en bordure du bourrelet, endroit le plus épais de la cloche (7 cm de métal). Cet incident fut le résultat très certainement d'un dysfonctionnement ou un dérèglage du marteau horaire. Le battant mesure 1,40 m avec un noyau de 0,20 m de diamètre (le noyau ou masse, est la partie sphérique du battant qui vient frapper le bourrelet afin de faire sonner la cloche).
La moyenne L'AN 1860 FONDUE PAR LES SOINS DE MR ALEXANDRE ANTOINE VIARD, MAIRE DE HORTES ET MR JEAN-BAPTISTE SOMMIER, CURÉ, BÉNITE PAR MONSEIGNEUR GUERIN ÉVÊQUE DE LANGRES, J'AI EU POUR PARRAIN MR JEAN-BAPTISTE LAMY ANCIEN CURÉ D'HORTES, CHANOINE ET VICAIRE GÉNERAL DE LANGRES ET POUR MARRAINE MME MARIE MARGUERITE MAURIZET, EPOUSE DE MR NAUDES, OFFICIER SUPERIEUR ET CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR QUI M'ONT DONNE LES NOMS DE MARIE JEAN-BAPTISTE.
Poids : 1130 kg Diamètre à la base : 1,33 m Hauteur : 1,250 m
La petite L'AN 1860, FONDUE PAR LES SOINS DE MR ALEXANDRE ANTOINE VIARD MAIRE DE HORTES ET MR JEAN BAPTISTE SOMMIER CURE, BÉNITE PAR MONSEIGNEUR GUERIN ÉVÊQUE DE LANGRES, J'AI EU
POUR PARRAIN MR MAURICE MERGER ADJOINT D'HORTES ET POUR MARRAINE MLLE FRANCOISE SOMMIER QUI M'ONT DONNE LES NOMS DE FRANCOISE MAURICE. PERRIN MARTIN FONDEUR A ROBECOURT VOSGES.
Poids : 823 kg Diamètre à la base : 1,14 m Hauteur : 1,10 m
La jeune dernière A L'INITIATIVE DE CLAUDE PAJUSCO ET GRÂCE A LA GENEROSITE DE NOMBREUX BIENFAITEURS, J'AI ETE FONDUE EN L'AN DE GRÂCE 1994 SOUS L'ADMINISTRATION DE MONSIEUR PIERRE ROUSSELOT, CONSEILLER GENERAL DE LA HAUTE-MARNE, MAIRE DE HORTES, MONSIEUR L'ABBE GILBERT BAUDIER, CURE DE LA PAROISSE. JE M'APPELLE ANGELIQUEYANNICK,  J'AI ETE BAPTISEE LE 15 AOUT 1994, FETE DE L'ASSOMPTION, PAR MONSEIGNEUR LEON TAVERDET, EVEQUE DE LANGRES. J'AI EU POUR PARRAIN YANNICK BOURDEAUX ET POUR MARRAINE ANGELIQUE LIEUTET. JE VOUDRAIS CHANTER L'ESPOIR POUR TOUS. DOMINIQUE BOLLEE, FONDEUR A ORLEANS
Poids : 470 kg Diamètre à la base : 0,90 m Hauteur : 0,90 m Les tonalités respectives sont : do, ré, mi et sol. Elles ne sont pas en accord parfait mais l'ensemble est agréable à l'oreille. Les trois premières cloches furent électrifiées en novembre 1974. Lors de la rénovation du beffroi, en 1994, l'installation
électrique des cloches fut mise en conformité. Paul Bonkosvky a été notre carillonneur pendant plusieurs années. Célibataire, il vivait avec sa soeur Maria, rue du Pré au Viard. J'ai connu Georges Parisel qui lui succéda pendant de nombreuses années. Avant Paul Bonkosvky, c'était le père d'André Chauvin qui carillonnait. Il était secondé parfois par sa fille Augusta.

La bénédiction de la cloche " Angélique-Yannick " Il faut s'imaginer, 133 ans plus tôt, nos trois cloches se faisant baptiser. Une cérémonie identique se préparait. Le 15 avril 1994, avec l'aide de l'Abbé Gilbert Baudier et en accord avec Monseigneur Léon Taverdet, la décision de la date de la cérémonie fut prise. Quelques jours avant, des bénévoles firent un petit toilettage intérieur de l'église afin de faire disparaître quelques arrogantes toiles d'araignées, principalement sur le pourtour de nos beaux vitraux. Après quelques petites péripéties de transport, la cloche arriva la semaine  précédant la cérémonie. Le portique, placé entre l'assemblée et le choeur, fut recouvert de fleurs et de verdure. La cloche y fut accrochée. Cette dernière était habillée d'une élégante robe blanche, où la dentelle et les fleurs roses avaient été habilement cousues par une couturière dévouée. C'est avec minutie que cette robe fut ajustée. Les dragées furent préparées dans de petits sacs de tulle. Malgré la période humide et orageuse que nous avons traversée, ce lundi  15 août fut une journée de plein soleil et le village fut en liesse. A 14 heures, Monseigneur l'Evêque, accompagné de ses concélébrants, remontait la nef dans un cortège d'honneur que l'orgue accompagnait. La cérémonie commençait. Quelques mots de bienvenue à Monseigneur l'Evêque et la liturgie de l'Assomption débutait. Après l'homélie de Monseigneur l'Evêque vint le moment de la bénédiction de la cloche. Monseigneur, agréablement surpris par la jeunesse des parrain et marraine, procéda au rite de cette bénédiction. Le Père Evêque, Angélique et Yannick, tour à tour, firent sonner cette nouvelle cloche. Quelques instants inoubliables d'émotion pour tous.
En communion avec l'assemblée et dans une ambiance attentive, c'est avec des applaudissements que s'acheva ce baptême. La messe se termina. Chaque personne reçut quelques dragées sur le parvis de l'église. Tous furent invités à une réception à la salle des fêtes. Après une allocution du Père Evêque et du Maire de la commune, chacun partagea sa joie en levant  le verre de l'amitié.
Discours de bienvenue à Monseigneur l'Evêque et à tous les fidèles présents par Thiébault Burgy
Au nom de la communauté chrétienne, de la paroisse, je me permets de souhaiter la bienvenue à notre évêque, le Père Taverdet, qui aime qu'on l'appelle " Frère Léon ". Donc bienvenue ici, chez nous, Frère Léon ! Bienvenue également à Monsieur le Maire et aux conseillers municipaux ici présents, avec qui, les relations ont toujours été très libres et très fructueuses. La bénédiction d'une cloche est un événement tout à fait exceptionnel, dans la vie d'un village et dans la vie d'une église. Cela marque son histoire. Si j'ai bien compris, sa naissance n'a pas laissé indiffèrent. Comme dans un foyer, c'est le fruit de la passion de son initiateur. C'est aussi, pour certains d'entre nous, l'enfant inattendu, voire indésiré, qui rentre en force dans le foyer. Cela ne se passe pas sans quelques incompréhensions, quelques hésitations, et même quelques divisions. Mais, lorsque l'enfant est là, tout le monde se réjouit. Il trouve toute sa place dans la famille et il reçoit sa part d'amour comme les autres.
Alors, Angélique-Yannick va bientôt rejoindre ses trois soeurs dans notre clocher. Elle sera l'une des voix de notre village. Elle va rythmer sa vie, au gré des événements heureux et malheureux. Passées les hésitations, elle va devenir un élément de ralliement et d'harmonie. Je voudrais signaler en outre, la deuxième grande fête que les chrétiens vont célébrer aujourd'hui, c'est la fête, la grande fête de la Vierge Marie. Alors, tous ensemble, selon nos sensibilités, et avec le respect des autres, nous allons célébrer cette fête.
Homélie de Monseigneur Léon Taverdet, évêque de Langres A propos des cloches de nos églises, certains trouvent leur sonnerie intempestive, d'autres se fient à elles pour rythmer leur journée : l'angélus du matin, l'angélus du soir, ou celui de midi. C'est aussi une manière d'accompagner les grandes heures de l'existence. Au son des cloches perdu parmi d'autres bruits, surtout le bruit de nos grandes villes, dans l'insignifiance du fond sonore de nos vies éclatées et bruyantes, ne restons-nous pas indifférents ? Comment entendons-nous les cloches ? Comment percevons-nous leur message ?
Personnellement, je suis assez sensible à cette musique. Elle me rappelle les différentes sonneries de mon enfance, où chaque cloche avait son message, de simplicité, de grande fête, elle annonçait les baptêmes. Elle sonnait les glas d'une certaine manière. 

Les cloches nous parlent, elles ont leur musique. Elles ont leur langage et c'est toujours un langage qui ouvre à l'universel. Comme leur son qui s'en va, par-dessus les toits, par-dessus les champs, jusqu'au plus loin possible, porté par le vent, les cloches appellent au silence de notre coeur, où dominent les bruits de notre cohue humaine, et par là, elles ouvrent toujours une brèche à quiconque veut aller plus loin...Au fond de lui-même. Les cloches sonnent toujours un avenir, même dans les moments les plus dramatiques. En entendant les cloches, chacun doit se dire qu'il entend une bonne nouvelle, la bonne nouvelle qui, pour nous, est celle du Christ ressuscité. Ce n'est pas pour rien qu'à Pâques, avec les cloches lancées à toute volée, nous chantons " jour d'allégresse et jour de joie ". Cette joie profonde est au fond des coeurs, accueillants, réconciliés. Mais il faut faire un certain passage. Le Seigneur nous y appelle. Il faut passer de l'obscur en nous, de l'indifférence, de l'inquiétude, à quelque chose de plus lumineux, un certain clairobscur peut être, en nous rappelant ce que dit l'Evangile. Jésus est " la lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde ".  C'est au coeur du monde, que retentissent, si diverses, les cloches de nos églises. Ce monde ! avec son cortège d'injustice, de souffrances, de menaces de toutes sortes, sur l'avenir, sur l'emploi, sur la paix, la justice, la liberté, chez nous, mais aussi dans bien d'autres lieux : Afrique, Asie, Amérique Latine. Ce monde où des jeunes, des très jeunes, des enfants, meurent dans des affrontements fratricides. 
Des êtres chers franchissent le seuil de leur demeure terrestre, brusquement, ou au terme d'une longue agonie. Des foyers craquent. Des jeunes partent un peu plus à la dérive, en quête d'introuvables points de repère pour leur existence. Des vieillards s'enfoncent dans la solitude de l'oubli. Alors, comment pouvons-nous dire que le son des cloches nous rappelle la résurrection, nous rappelle le Christ ressuscité, nous rappelle la paix et l'amour, nous rappelle l'espérance ? Oui, au milieu de ces épreuves, il y a toujours une espérance. Une espérance qui continue à éclairer tant de coeurs, à illuminer tant de consciences, tant d'actions humanitaires, tant d'actions dans l'Eglise, tant d'actions dans le monde profane, individuelles ou communautaires. Il y a toujours la petite flamme de l'espérance. Je dirais, la petite note de l'espérance qui vient dire que les sons lugubres ne sont pas des sons définitifs. Rien n'est perdu, de tant de gestes fraternels, de solidarité, de don de soi, de services discrets, de reconnaissance de l'autre dans sa différence dans sa volonté pacifique. Rien n'est perdu. Se donner, pour que partout dans le monde, justice et vérité s'embrassent, pour que de leurs épées, comme dit l'Ecriture, les hommes forgent des socs de charrues, pour que la foi soit transmise, que l'église du Christ soit manifestée, soit sanctifiée ! Rien n'est perdu, frères et soeurs, parce que Christ est ressuscité d'entre les morts, et que la mort n'a jamais le dernier mot. C'est le grand message des cloches de nos églises. C'est bien ainsi qu'aujourd'hui, en cette fête de l'Assomption, nous avons à nous souvenir que la grande loi fondamentale, est une loi de vie.

 

Nous ne savons jamais, frères et soeurs, le temps qu'il nous faut pour savoir aimer, le temps qu'il faut à une société pour sortir de sa discorde, pour sortir de ses troubles, pour sortir de ses divisions. Oui, il faut du temps et c'est bien là, l'épreuve du temps, où nous sommes convoqués, comme Marie. L'esprit de Dieu avait veillé sur sa naissance, la destinant à être la mère de Jésus. Il a fallu toute une vie à Marie pour vivre cet amour, pour comprendre sa maternité et comment elle pouvait s'unir à  ce fils, " Le Fils du Très-Haut " dans l'amour duquel elle a été introduite à jamais. Nous célébrons  aujourd'hui l'assomption de Marie, parce que nous avons foi en la résurrection du  Christ, nous avons foi en cette vie éternelle qui est déjà commencée, ici bas. Les cloches nous parlent. Ces cloches qui sonnent au cours de nos journées, elles nous parlent de résurrection, elles nous invitent à prendre le temps d'être conscients de notre dignité humaine, du projet de Dieu sur chacun d'entre nous, chaque homme est créé à l'image, à la ressemblance de Dieu, à prendre le temps d'être façonnés par l'Esprit-Saint, à prendre le temps de devenir chrétien. Alors notre vie est une vie de ressuscité. La vie chrétienne ! Ce n'est pas d'abord d'éviter le mal, c'est savoir comment nous allons inventer le bien. Et Dieu est la source de tout bien. Celui qui ose aller de l'avant, qui ose prendre des responsabilités, qui ose être au coeur de la société d'aujourd'hui, avec ses complications et ses difficultés, prend des risques. Mais il sait qu'une lumière intérieure, va l'aider à franchir les obstacles, à aller plus loin que ce qu'il croyait possible.
Car rien n'est impossible à Dieu et rien n'est impossible à celui qui croit. La religion de la Vie, la religion de l'éternel n'est pas une religion de tristesse. Frères et soeurs, nos cloches nous rappellent aussi qu'il y a Dieu qui nous parle, qui nous interroge. Il demande si nous pouvons aimer comme lui a aimé, lui qui s'est fait homme, qui est mort sur la croix, qui est ressuscité, pour qu'à notre tour, nous ressuscitions. Frères et soeurs, en entendant sonner les cloches, quelles que soient les circonstances qu'elles nous annoncent souvenonsnous : elles nous interrogent sur notre manière d'aimer, à la manière du Christ. Elles nous interrogent sur le sens que nous donnons à notre existence. Elles nous appellent à aller davantage vers l'unité, dans le partage de l'amour qui soit une solidarité réelle, vécue au coeur du monde, vécue entre chrétiens et vécue aussi de tout coeur et en toute loyauté, avec les hommes et les femmes de bonne volonté, qui cherchent, elles et eux aussi, quel sens donner à leur existence. Que Marie, qui a passé son temps à entendre résonner en elle l'esprit de Dieu et à en vivre, nous aide à entendre en nous l'écho du message des cloches de nos églises.
 

Discours de Pierre Rousselot, 
         Maire et Conseiller Général

Monseigneur, Monsieur le Curé, Messieurs les Prêtres chers Collègues, Mesdames, Messieurs. Cette journée du 15 Août 1994 doit rester dans le livre d'or de notre village ainsi que dans les coeurs de tous les habitants de Haute-Amance et de ses environs. Depuis quelques années, notre beffroi, dégradé par les ans, menaçait peu à peu. Il fut renforcé à plusieurs reprises. Mais ces derniers temps, la sécurité était sérieusement compromise et la décision fut prise par la municipalité, de remplacer cette année cette imposante charpente. La gestion électronique des sonneries horaires s'est modernisée ces années dernières. C'est à la suite de toutes ces opportunités, que Claude Pajusco a pris l'initiative d'ouvrir une souscription, ce qui permit la réalisation de ce magnifique projet que nous honorons aujourd'hui. Nous retrouverons nos carillons d'antan, où, combien de baptêmes, de mariages ou d'autres cérémonies, ont pu marquer nos souvenirs, par leurs mélodies, leur langage musical créant une atmosphère de paix, de tristesse ou de joie, selon les temps et les étapes de l'existence. Angélique-Yannick, cette nouvelle cloche, cet incontestable chef-d'oeuvre artisanal, c'est aussi la valorisation de
notre patrimoine campanaire. Cette dernière a retrouvé ses racines dans notre région.
En effet, fondue à Orléans par Dominique Bollée, fondeur depuis huit générations, le Bassigny aussi est honoré par cette réalisation. Il en est le berceau, ces Maîtres Saintiers, qui par centaines, cohabitaient dans cette région, sont partis dans toute la France, où seulement, quelques uns ont perpétué ce prestigieux métier. Les préparatifs de coulée à l'ancienne, si méticuleux, avec l'air, le feu, la terre, l'eau et une savante alchimie du métal, ont permis, en quelques poignées de secondes, de couler ce bronze en fusion, qui, après un lent refroidissement, a créé cet airain tant conté par nos poètes. Je ne m'étendrai pas par de savantes explications, sur les détails de ce métier qu'est celui des fondeurs de cloches, ni sur notre patrimoine communal que j'ai à coeur, en tant que premier magistrat, à rénover, entretenir, restaurer, embellir, ce patrimoine qui nous appartient à tous, il vous sera décrit dans un document réalisé par l'initiateur de ce projet. Ce livre sera offert à tous les donateurs à la clôture de la souscription. Claude Pajusco m'a chargé de vous remercier. Il m'a fait part de sa profonde reconnaissance pour votre participation financière à cette oeuvre inoubliable. N'ayant pas eu le temps matériel de rencontrer individuellement chaque famille de Hortes, c'est dans les jours à venir qu'il poursuivra ses visites. Il  remercie aussi tout un chacun, pour la participation spontanée à l'organisation de ces manifestations,  et plus spécialement, au dévouement pastoral, si bousculé ces derniers
temps, de Monseigneur Léon Taverdet, du Père Gilbert Baudier et de ses confrères qui ont accepté d'honorer cette manifestation.
A mon tour, je remercie les personnalités, qui ont bien voulu par leur présence, honorer cet événement, vous tous, chers concitoyens, prouvant ainsi votre attachement à la marche en avant de nos villages. C'est dans quelques semaines que " Angélique-Yannick ", notre jeune dernière, avec ses 470 kg, sera accrochée à son joug, où elle rejoindra ses trois compagnes,
HENRIETTE-STANISLAS, qui pèse 1644 kg, MARIE-JEAN-BAPTISTE, 1130 kg, FRANCOISE MAURICE, 823 kg. Elles furent toutes les trois fondues en 1860 et plus de 130 ans nous séparent de cet événement. Il faut que nous en prenions tous conscience et nous pourrons dire : " le 15 août 1994, ce jourlà, j'y étais ". Elles sont maintenant quatre. Je leur souhaite longue vie et grande prospérité, qu'elles continuent à nous faire vibrer en orchestrant notre vie, - la vie de la communauté paroissiale, - la vie de tous les citoyens de Haute-Amance et de ses environs.


L'horloge En date du 30 juin 1871, le fabricant de Strasbourg, la société Ungerer, transmit par courrier manuscrit, un devis détaillépour la fourniture d'une horloge. Un prospectus y est joint. Les quatre cadrans, d'un mètre dix de diamètre, sont en tôle peinte à fond noir avec chiffres et aiguilles dorés. L'autonomie du remontage mécanique est de 36 heures. Les rouages sont en bronze et les pignons en acier fondu et poli. La mécanique est renfermée dans une armoire à portes vitrées, cette dernière étant peinte à l'huile.

Le coût global installé est de 2 495 F. La garantie accordée est de dix années. Elle fut installée quelques mois plus tard sous l'administration d'Alexandre Viard, maire de l'époque. Il semblerait que dans le passé, une ancienne horloge existait déjà. Cette dernière est citée dans le courrier de Monsieur Ungerer. Le remontage des  deux poids est habituellement fait à l'heure de midi. Le responsable est obligé de monter au premier étage du clocher. A l'aide d'une manivelle commandant deux treuils séparés (quart d'heure et heure), il  enroulait respectivement sur chacun, un câble d'acier de 20 m de longueur.  L'électrification permit de supprimer cette contrainte quotidienne en 1951. En 1900, les cadrans sont peints en noir, avec des aiguilles dorées. Ce n'est qu'en 1950, qu'ils seront peints en blanc, la lisibilité des heures étant plus aisée. En 1990, après de nombreux problèmes avec l'horloge mère et l'horloge mécanique à l'étage supérieur, cet ensemble est remplacé par un système à microprocesseur. La régularité et l'automatisme en seront ainsi assurés. Cette merveilleuse mécanique qu'était cette horloge Ungerer, a arrêté ses cliquetis réguliers quand l'électronique a pris le relais. Le système sera encore amélioré lors de la réfection du beffroi, ce qui permettra de faire revivre  nos carillons d'antan. Lors des travaux de remplacement du beffroi en 1994, l'horloge sera démontée puis descendue du clocher, après ses cent vingt ans de service, et sera très prochainement placée à la vue de tous en salle de mairie. 
Les vitraux Les premiers vitraux colorés sont présents dans les grandes basiliques paléochrétiennes. Rome et Constantinople nous ont laissé aussi de merveilleuses traces de cet art. En occident, l'origine du vitrail coloré  remonte peu avant l'époque mérovingienne. C'est entre 1100 et 1200 que les artistes, qu'étaient les verriers, nous donnèrent le meilleur de leur savoir. Les vitraux de l'église St-Didier, polychromes, au nombre de 17, mesurent environ 1,40 m de largeur sur 2,70 m de hauteur. Sur la façade Ouest, au niveau de la nef, le premier représente Sanctus Desiderius, St-Didier, épiscopat et martyre, dans son habit sacerdotal rouge avec ses sandalettes assorties. Son histoire est citée dans un paragraphe suivant. Le deuxième, Sanctus Paulus, St-Paul apôtre et martyre, un glaive à la main gauche, représentant la parole de Dieu, cette parole qui parfois fait mal,  afin de nous remettre sur le droit chemin. Dans la main droite, il tient les Saintes Ecritures. Ces deux derniers vitraux ont été financés par des donateurs anonymes. Le troisième, Sanctus Petrus Apostolus, représente StPierre apôtre dans sa tunique violette et tenant dans sa main gauche les clefs du royaume des cieux en tant que chef de l'Eglise. Ce vitrail a été financé en 1922 par Achille Rougeot et Marie Mortet son épouse. Le quatrième représente Sancta Mathildis Régina et Vidua, Ste-Mathilde, remettant ses bijoux et ses objets précieux avant d'entrer dans le monastère qu'elle va fonder. Ce vitrail est offert par les familles Perrin et Fournier à la mémoire de Mathilde Perrin. 80

Deux vitraux ornent la façade principale. Le baptême du Christ par St-Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain. En mémoire de Jean Baptiste Ignard le 26 Juin 1902. L'Abbé Ignard était curé de Laneuvelle, où il est décédé. Le deuxième représente Ste-Jeanne d'Arc à Domrémy gardant ses moutons, avec sa quenouille, filant la laine, où l'apparition lui dit de partir pour libérer la France de l'occupation anglaise. C'est un don de Monsieur Damoiselet et sa famille du château de Beaulieu. Il m'est arrivé, à l'aurore, de me trouver dans la nef de l'église. Ces vitraux, inondés par le soleil levant, semblaient attendre mon regard. Sur la façade Est, quatre représentent respectivement Sanctus Camillius confessor, St-Camille, vêtu de sa robe noire, tenant un missel et un crucifix. Il fonde un ordre au service des malades. C'est encore un don anonyme. Le deuxième, Sanctus Joannes, St-Jean évangéliste et martyre, dans une magnifique tunique rouge pourpre. Le troisième, représente Sanctus Bernardus Abbas, StBernard abbé. St-Bernard, apôtre du XIIème siècle, prédicateur et écrivain de renom, est né à Fontaine-Lès-Dijon en 1091. En 1114, il créait à l'abbaye de Clairvaux, la réforme cistercienne. 

Il est le proche conseiller des rois et des papes. St-Bernard fonda de nombreuses abbayes dont celle d'Auberive où il y séjourna quelques temps. Il prêcha la deuxième croisade. Sa simplicité fut telle qu'il n'aspira qu'à être abbé. Dans les années 1146, sous le règne du Pape Eugène III, il prêcha à plusieurs reprises à St-Mammès de Langres. Il décéda en 1153. Ces deux derniers vitraux sont un don de Madame Scheurer de Broissia. Les quatre vitraux des deux chapelles latérales sont un jeu de géométrie colorée comme les quatre autres du déambulatoire. La rosace sur la façade principale mesure 1,90 m de diamètre. A l'origine, elle était en verre blanc. C'est en 1914 qu'elle fut refaite, grâce à la générosité de Mademoiselle Euphrasie Dussy. Elle ne présente pas de trait particulier, mais la présence de couleurs lui donne un aspect imposant au-dessus du majestueux portail. Les deux petites rosaces latérales étaient à l'origine en verre blanc. Elles mesurent  0,70 m de diamètre. Elles furent refaites pour être colorées comme la grande, dans la même architecture, réalisation d'un verrier de Dijon en 1921 et ceci, grâce à la générosité de Madame Pingenet Au soleil couchant, les effets de lumière et de couleur sont saisissants, les rouges vermillon ont une profondeur indéfinissable, un travail artistique merveilleux. En 1861, un violent orage occasionna de très importants dégâts dans le village.

Les vitraux ne furent pas épargnés par la grêle et le vent. Jean-Baptiste Lamy, vicaire général à Langres, ancien curé de Hortes durant plusieurs années, fit remplacer les anciens monochromes par les vitraux actuels, peut-être une marque profonde de reconnaissance à ses anciennes ouailles. Le 13 septembre 1943, l'explosion de la poudrière de Langres, qui fit tant de dégâts aux vitraux de la cathédrale, n'endommagea que le vitrail de St-Jean-Baptiste. En 1975, les vitraux furent restaurés par un verrier de Dijon. Ils furent grillagés en 1957 afin de les protéger mécaniquement (pierres, grêle, oiseaux...).
Les statues
Le maître-autel est orné de quatre statues en bois polychromes  du XVIIIème siècle, provenant de l'église avant son agrandissement. Dans l'église, une statue bizarre représente un saint qui porte sa tête dans ses mains. C'est St-Didier, le saint patron qui protège la paroisse. Cette statue figure sur la couverture de ce livre. En pierre calcaire, de la fin du XVIème siècle, cette statue proviendrait de l'ancienne abbaye de Beaulieu. Deux bas reliefs représentent  la crucifixion et la résurrection du Christ, de même facture et dans la même période. Ils proviennent de l'ancienne église de Hortes.

Voici l'histoire légendaire de la vie de St-Didier. Au début des invasions barbares, vers le IIIème siècle, Langres était une ville chrétienne dirigée par un évêque. A la mort de St-Just, deuxième évêque de la cité, les chrétiens se réunissent pour le remplacer. En ce temps là, le peuple élisait son chef religieux. Hélas! on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un nom. Personne ne semble capable de gouverner la ville. Pendant la réunion, une voix s'élève dans l'église et annonce : " Didier sera votre évêque ". Stupéfaits, les gens se posent des questions en se regardant les uns les autres. Ce nom est inconnu dans la région. Quelques prêtres décident donc de partir à Rome pour demander conseil au Pape. Ils lui racontent leur histoire. Après les avoir écoutés, il leur dit : " Priez beaucoup. Retournez dans votre ville en passant par la région de Gênes. Vous trouverez Didier qui deviendra vôtre évêque ". Déçus, les Langrois reprennent le chemin du retour en suivant les conseils du Pape. En traversant le ruisseau à gué dans la région de Gênes, ils aperçoivent un laboureur au travail. Soudain,   son   attelage   de  boeufs   s'arrête  net   et   le  paysan s'exclame : " Par la tête de Didier, vous marcherez et avancerez ". Cette fois-ci, il n'y a plus de doute, ils ont bien entendu ; c'est le nom de la personne qu'ils cherchent. Les Langrois accourent vers le paysan et le questionnent : " Didier est bien ton nom ? - Oui, je m'appelle bien Didier " répond l'homme étonné. Avec joie, ils annoncent au laboureur : " Viens avec nous, tu deviendras notre évêque. " Surpris, le pauvre paysan se demande si ces hommes ne sont pas un peu fous. Tout à coup, une idée lui vint à l'esprit. Il plante son aiguillon au milieu du champ en disant : " Quand ce bâton aura donné des feuilles, des fleurs et des fruits, alors seulement
j'accepterai de vous suivre ". Aussitôt qu'il a fini de prononcer sa phrase, l'aiguillon produit des feuilles, des fleurs et des fruits. Devant ce miracle, Didier se rend chez un vieil ermite qui lui dit : " Suis ces gens dans leur pays et deviens leur évêque ". Le paysan accepte donc de partir pour Langres où la population l'accueille chaleureusement. Une grande cérémonie a lieu dans la ville pour fêter cet événement. Des années passent. Didier dirige la cité avec une grande sagesse. Le peuple le respecte et le vénère. Il fait construire l'église Ste-Madeleine où il se rend très souvent pour prier. Un jour, les gardes de la ville entendent des roulements de sabots au loin. A l'horizon, une armée de barbares commandée par le cruel Crocus, s'approche de Langres pour piller les richesses des chrétiens et les massacrer. Les habitants, terrorisés, demandent à leur évêque ce qu'il faut faire. Didier accourt sur les remparts où a lieu la bataille. Il décide de sortir de la ville pour aller parlementer avec le chef des Vandales : " Je vous en supplie, ne ravagez pas notre cité sinon Dieu vous punira ". Crocus fait semblant de ne pas entendre les paroles de Didier et ordonne à Godifer, son bourreau, de lui trancher la tête. L'évêque s'agenouille pour prier et c'est à ce moment que Godifer le décapite avec son épée. Didier reçoit sa tête dans ses mains, il se relève et se dirige vers la muraille qui s'ouvre et se referme derrière lui. Il va dans son église et meurt. Devant ce prodige, Godifer devient fou et se fracasse la tête contre une porte que l'on appela ensuite : la porte d'Enfer. Cette porte fut murée à cause du sang qui l'avait souillée. Après la bataille, les survivants enterrent le corps de leur
évêque dans un tombeau qui se trouve dans son église. La légende  de St-Didier est  controversée quant à sa date. Le troisième évêque de Langres de 290 à 307, aurait vécu selon des historiens de 390 à 407. Cette dernière version semblerait fondée sur des hypothèses plus plausibles. Il y a en Haute-Marne, sept églises ayant St-Didier pour saint patron. D'autres belles statues ornent cet édifice. St-Nicolas, en pierre polychrome et dorée est un don de l'Abbé Vinot en 1845. St-Blaise, Ste-Philomène, Ste-Barbe, St-Joseph. Leurs origines sembleraient remonter au XVIème siècle, peut-être  faisant partie du patrimoine de Beaulieu. Ste-Thérèse, très simple, sur un piédestal en chêne massif, (d'une hauteur de 1,50 m), fut offerte par tous les paroissiens. Elle fut inaugurée en  novembre 1927 au cours de la mission conduite à l'époque par les Pères Redemptionistes, Maudru et Ferrand. La grille en fer forgé qui l'entoure en fait une petite chapelle. Quatre plaques de reconnaissance y sont apposées. Ce type de statue en plâtre peint, de l'après 1900, fut beaucoup critiqué dans les milieux religieux réformateur et dans le monde de l'art. La statue en pierre de St-Hurbain fut offerte par un habitant de Hortes. Plus de vingt-cinq statues ornent l'édifice.
Le sol

Les différentes allées, à l'intérieur de l'église, sont recouvertes de carreaux en grès cérame, de couleur rouge brique, ton pierre, gris et noir de 16 cm x 16 cm. Au début de l'année 1914,  le Curé François lança un appel à ses paroissiens pour rénover le pavage en dalle de grès. Mais la guerre éclata et les travaux ne purent commencer qu'en 1921. Ce pavage fut complété respectivement
en 1921, 1923, 1927 et 1928. 
Plusieurs sollicitations furent lancées afin de financer le projet par tranche, car les finances de la paroisse étaient bien maigres. Le premier pavage de l'église date de 1861. Il est en grès mais il s'use rapidement. Seul, les marches furent exécutées en marbre. Dans la nef, 24 rangées de bancs sont réparties de chaque côté de l'allée centrale.
Les autels.

Le maître-autel avec ses statues était orné de chandeliers en bois dorés qui remplacèrent ceux argentés en 1937. Ces derniers furent enlevés vers les années 1980. Le tabernacle est surmonté d'un reposoir. Le tout est coiffé d'une imposante croix de mission. Lorsqu'il y avait encore tous les oriflammes, les bâtons de procession, les chandeliers, le sanctuaire rappelait le style baroque. Un autel plus récent est utilisé au milieu du choeur à chaque office. Les deux chapelles latérales dédiées l'une à la Ste-Vierge et l'autre à St-Joseph, possèdent  chacune un autel en marbre, comme le maître-autel. Des bancs y étaient aménagés pour la chorale des filles et celle des garçons.  L'autel Ste-Jeanne d'Arc se trouve au pied dudit vitrail, à l'entrée de l'église. Les noms des morts des différentes guerres y sont tous gravés. En voici le détail : Guerre 1870-1871 Justin Ignard, capitaine. Eléosippe Migneret, capitaine Jean-Baptiste Miavril, lieutenant. Jean-Baptiste Bourrier Léon Carbillet. Nicolas Cornaire Adrien Doré. François Doré Jean Lisabau
Expéditions coloniales Alfred Bailly, mort en Nouvelle-Calédonie Alfred Tiquet, mort en 1895, à Madagascar Guerre 1914-1918 Alfred Chapusot...21 août 1914 Georges Guillemin...29 septembre 1914 Jean Humblot...22 août 1914 Jean-Marie Drouot...2 octobre 1914 Marcel Matuchet, lieutenant...6 novembre 1914 Henri Viard, capitaine...17 décembre 1914 Léon Burgy, adjudant... 4 mars 1915 Elie Burgy, caporal...22 mars 1915 Alphonse Aragon...25 mars 1915 Alexandre Frenette...25 avril 1915 Ludovic Collier...7 mai 1915 Lucien Bourlier, sergent...12 mai 1915 Arthur Morisot...14 mai 1915 Camille Valton...27 juillet 1915 Victor Morizot, caporal... 9 septembre 1915 Louis Guillemin, maréchal des logis...30 septembre 1915 Maurice Peltier...21 novembre 1915 Pierre Mongin...8 mars 1916 Alfred Guillaume...16 avril 1916 René Pierrot...28 avril 1916 Emile Bailly...5 juin 1916 Eugène Fassler...6 juillet 1916 Paul Guichard...3 septembre 1916 Henri Billottet...5 septembre 1916 Albert Cornaire...12 septembre 1916 Jules Rallet...14 septembre 1916 Marcel Robert, adjudant... 5 octobre 1916 Jules Richard...7 novembres 1916 Marcel Bourgogne...20 décembre 1916 Alphonse Aragon...21 décembre 1916 Emile Soichet...23 décembre 1916 Henri Pechiné, capitaine...12 mars 1917 Achille Totey...13 mars 1917 Emile Pierrot...16 avril 1917
Luc Totey...13 mai 1917 Edouard Pascard...20 août 1917 Victor Lacroix...19 octobre 1917, Albert Deluce...7 avril 1918 Fernand Merger...28 juin 1918 Alphonse Pernot...18 juillet 1918 Abel Foissey, adjudant chef...30 août 1918 Louis Vauthier...27 septembre 1918 Ernest Jacquinot, capitaine...21 octobre 1918 Eugène Jacquinot...16 décembre 1918 Guerre 1939-1945 Marcel Maurin, déporté en 1944 Charles Roblin, déporté en 1944 Adam Iwanski, déporté en 1945 A l'intérieur, vers la porte du clocher et à proximité de l'autel précédent, l'on peut remarquer une plaque en marbre. Elle commémore le massacre de 1636.  Le 26 septembre 1636, Hortes fut détruit 2 églises incendiées 165 maisons saccagées 400 habitants massacrés par les armées de Gallas _ En mémoire de ce douloureux événement cette plaque fut posée. 26 septembre 1936

La tribune
Le souhait de nombreuses personnes fut que le choeur de chant soit mis en valeur par sa position surélevée. Les chapelles latérales et le bas arrière de l'église n'offraient pas la meilleure position quant au résultat. La qualité même de la chorale était très bonne mais l'acoustique mal adaptée, gâchait le résultat. C'est à partir de là, avec l'accord de la municipalité, que le 6 octobre 1913, un devis de cette plate-forme tant souhaitée, est présenté par un menuisier pour la somme de 1 444 F. Il sera accepté. Vingt-huit marches permettent d'y accéder. La tribune domine la magnifique nef centrale de l'édifice. Soixante huit colonnettes ornent la balustre et la rampe d'escalier, le tout en chêne massif teinté.  Une lyre et un écusson ornent la balustre. Seul, le parquet et le plafond seront faits en sapin. Cette réalisation, d'un menuisier de Hortes, Lucien Voillemin, fut un don de Mademoiselle Euphrasie Dussy ainsi que d'Albert Floquerey. Son atelier de menuiserie se  trouvait rue de Rosoy, à l'emplacement de l'ancien café de la poste. C'est dans cet atelier que Lucien Fourrier, mon grand-père maternel, apprit ce métier. C'est lui, durant son apprentissage avec Lucien Voillemin, qui procédera à la fabrication et à l'installation de cette tribune. C'est le 25 décembre 1913 que fut inaugurée cette réalisation. Elle était réservée au choeur de chant des jeunes filles. Les garçons se trouvaient dans une chapelle latérale. Depuis les années 1960, cette tribune n'est plus utilisée Lors de son utilisation le 15 août 1994, j'ai constaté sa dégradation sérieuse. Son parquet semble attaqué par  des insectes et sa stabilité devient douteuse.
Les harmoniums
L'harmonium actuel a été offert par le petit-fils de Joseph Genuyt-Besancenet de Beaulieu le 14 septembre 1879. Plus de 100 ans après, à chaque office, Cécile Biquet accompagne la chorale avec cet instrument. Un semblable se trouve à la tribune, où pendant plusieurs dizaines d'années, la chorale animait les différents offices paroissiaux. C'est le Curé Louis Ragot qui en fit don en 1929. Passionné de musique, j'ai souvent, durant mes vacances à Hortes,  accompagné la chorale avec cet harmonium. J'ai toujours rêvé d'un orgue dans cette église et cette magnifique nef mériterait, elle aussi, au même titre que la nouvelle cloche, le cadeau d'un tel instrument. L'église de Chalindrey a eu une opportunité unique de pouvoir faire l'acquisition d'un petit orgue ancien. Je souhaiterais que ce rêve se réalise. Le projet est à l'étude dans le cadre de l'association locale " Arts et Loisirs en Haute-Amance ". Je pense que de nombreuses personnes se souviennent de la bénédiction de la cloche, où l'orgue a eu sa place durant la cérémonie. Il faut aussi se rappeler, ce 20 novembre 1994, où le concert,  organisé par l'harmonie municipale de Fayl-Billot Hortes a été tant apprécié. Ce fut très certainement une des premières fois que les voûtes de notre église vibraient d'une façon si intense. L'acoustique de cette vaste bâtisse est en totale harmonie avec l'art musical. Combien d'églises sont utilisées à cette fin ?
N'est-ce pas là,  un moyen  de se retrouver, en dehors d'une célébration ?

Les calvaires

A chaque  entrée du village, il y a un calvaire qui par tradition, regarde le plus souvent le centre de celui-ci. Ces croix sont aussi appelées, croix de mission. Ces monuments étaient très respectés par les passants. Qu'ils soient à pied, à cheval, à vélo ou en voiture, ils se décoiffaient en passant devant. Hortes en possède six. Certains d'entre eux ont été restaurés en 1946. Une croix surplombe aussi la fontaine St-Didier.
Les tableaux L'église est très riche en tableaux. Vers l'autel Ste-Jeanne d'Arc, une toile représente " L'assomption " de Murillo. De forme ogivale, cette oeuvre mesure 4,50 m x 2,40 m. Elle provient de l'abbaye d'Auberive. C'est un don de la famille BeaufauchetDelompré. Deux très beaux retables décorent les chapelles transversales. Plusieurs restaurations seront entreprises. La première en 1982 : deux tableaux classés monuments historiques : " La Sainte-Famille " et " La Vierge et l'Enfant ". Puis en 1983, sera restauré le tableau : " L'institution du Rosaire ". Et enfin en 1984, le tableau : " La mort de St-Joseph ". Les portraits de Jean-Baptiste Lamy, Jean-Baptiste Sommier et Louis Ragot, tous trois curés de Hortes, sont aussi à l'honneur. Le tableau représentant Monseigneur Viard, relégué à la cure, a été proposé à la famille, après avis du conseil curial. Cette dernière a accepté.

Les accessoires de culte

Ciboire, calice, reliquaire, ostensoir, encensoir, tous ces objets sacrés font partie de notre patrimoine religieux. Ils sont en vermeil pour certains, en métal argenté pour d'autres. Il subsiste encore des bâtons de processions, la plupart du temps en bois doré polychrome. C'est Monseigneur Larue, évêque de Langres qui inaugura le chemin de croix en 1887. Le bénitier en marbre, à proximité du grand portail, provient de l'abbaye de Beaulieu. C'est un particulier qui l'acheta et le donna à la paroisse. Le baptistère est clos avec une grille en fer forgé La chaire est coiffée d'un dôme. Cet ensemble en chêne massif est simple et sans décoration superflue. Deux confessionnaux se trouvent chacun dans les chapelles latérales.
Le cimetière Il entoure totalement l'église. Il devient actuellement quasiment saturé. Le responsable actuel est Roland Goncalvès, premier Adjoint. Un plan de ce cimetière a été réalisé par André Maât, instituteur et secrétaire de mairie de 1945 à 1967. En 1957, Emile Pechiné est nommé, par le conseil municipal, responsable pour la remise en état de ce lieu. En effet, de nombreuses tombes sont laissées à l'abandon. En 1968, il n'est plus possible d'édifier des caveaux à moins de 4 m de l'église ou du clocher afin de respecter la solidité des fondations de l'édifice, ceci après conseil d'un architecte. En effet, suite à un mouvement du sol, une importante fissure est apparue sur la façade, côté Ouest, ce qui a entraîné des mouvements de charpente et même d'importantes contraintes à la voûte, laquelle a été refaite.
En 1981, le mur du cimetière, parallèle à la rue St-Didier, est réparé pour la somme de 95 155 F. Des cercueils en pierre ont été retrouvés à proximité du mur d'enceinte. Ils seraient datés de l'époque mérovingienne. Hortes, dans des temps bien lointains, enterrait ses morts à Chalindrey. En effet, il était d'usage, dans la chrétienté naissante de nos régions, d'enterrer les morts d'un même lieu, autour de la première église naissante. C'était le cas de Chalindrey, qui était le chef-lieu du doyenné du Môge. L'origine de ce nom semble provenir de la situation géographique de cette région, qui très fertile comme Hortes, favorisait la culture et l'élevage. Le cimetière se situait au-dessus de la Côte des Crès, petite colline qui domine la gare de Chalindrey. Pour revenir à notre village de Hortes, l'entrée Sud du cimetière possède une statue en fonte de la Vierge. Elle fut érigée en 1871, grâce aux habitants, soutenus par le maire et son conseil ainsi que par le curé. Cette statue de l'Immaculée-Conception fut réalisée à Rome en 1854. Celle de Hortes en est sa copie. Sa réalisation est une marque de gratitude de toute une population pour avoir été préservée de l'invasion guerrière. La grotte qui est au pied sera achevée en 1919 avec des pierres percées de la région. L'emplacement du terre-plein sera a son tour aménagé en  1949, témoignages renouvelés après deux conflits, d'une infinie reconnaissance. Une autre statue de la Vierge est située rue de Rosoy, à hauteur de l'ancien patronage. En 1849, suite à une lettre de Monsieur le Préfet proposant la création d'un nouveau cimetière au Nord du village, le conseil s'opposa à ce projet. 

Les maires de Hortes
Jean Magnier est le premier maire de Hortes en 1792. 
Jean Bailly est maire en 1800 et 1804. Sur les actes de l'état-civil, il a le titre " d'agent de la commune ". Hortes est à cette époque, chef-lieu de canton. ·En 1805, Hortes compte 1312 habitants (un peu plus de 550 en 1995). ·De nombreux vignerons vivaient de leur métier au village. La vigne y était prospère mais le vin avait seulement l'appellation " de commun ".
Isaac Barillot est maire de 1805 à 1813. ·C'est sous son mandat que sont fondues les cloches. Son épouse, Marie Boudrot, fera après la mort d'Isaac Barillot, un legs à la fabrique de Hortes (voir page 57 et 58). Jean-Baptiste Laujorrois est maire de 1814 à 1821.
Pierre Bourier est maire de 1822 à 1830. C'est sous son administration que les travaux d'agrandissement de l'église seront soumissionnés
Jean Bailly est propriétaire au village. Il est nommé maire le 29 octobre 1831. ·A cette époque Beaulieu était une commune. Il est de nouveau nommé maire le 5 janvier 1835. ·La commune achète l'habitation de Monsieur  Guenin, père du futur maire, Jean-Mathieu Guenin, pour en faire le presbytère.
·C'est l'année où la construction de la maison commune, notre ensemble mairie, école actuelle,  est achevée. Le mandat de Jean Bailly s'achève en 1837. 
Jean-Mathieu Guenin est nommé le 15 juillet 1837. Il est médecin au village. ·On peut lire cette même année, " Le conseil vote la somme de cent quatre-vingt-dix neuf francs et quatre-vingts centimes, pour la réparation faite à la sacristie à la suite d'un vol commis avec effraction et escalade dans l'église d'Hortes ". ·Le 30 janvier 1839, l'instituteur, Monsieur Chevallot démissionne. Il est remplacé par Monsieur Pernot pour un contrat de dix ans, l'obligeant à rester au village. ·A cette époque, il y a un comité local d'instruction. ·Les responsables de l'église se réunissent au sein du conseil de fabrique où la commune avait un droit de regard. L'ensemble de ses membres s'appelait " Les Marguilliers ". Ils ont particulièrement contribué à la conservation de nos églises et de leur patrimoine. Jean-Mathieu Guenin est de nouveau nommé maire de la commune le 30 juillet 1840, par le préfet et au nom du Roi. ·Le 20 septembre 1840, la maison et les dépendances de Nicolas Morisot sont rachetées par la commune afin d'avoir un emplacement correct pour construire une nouvelle fontaine place de la Halle (future place Virey). En état très vétuste, ces bâtiments seront démolis. La Halle abritait un marché chaque mardi. ·En 1841, la commune choisit Monsieur Durand, architecte à Langres pour concevoir la fontaine place de la Halle. François Loiselet, entrepreneur à Rosoy-sur-Amance est chargé de la réaliser. Cette très belle fontaine, d'un aspect peu commun, fait l'admiration des vacanciers ou des personnes de passage. Son dôme est supporté par six piliers. Un abreuvoir en demi-cercle permettait au bétail de s'abreuver. Vers les années 1980, il sera rempli de terre pour y réaliser un massif décoratif. Cette fontaine sera rénovée en 1995.
Claude-Bernard-Marie Viard est né en 1785. Il est nommé maire le 3 août 1843, le 22 octobre 1846 puis le 26 août 1848. Il est notaire dans la commune de 1813 à 1846. · A la séance du 26 octobre 1848, le maire expose que : " depuis un certain temps, il est facile de s'apercevoir que l'instruction de la jeunesse dépérit, les valeurs morales qui se perdent...dû à la sévérité mal réglée de l'instituteur, et à son manque d'aptitudes ". Claude Viard est réélu le 20 juillet 1852. Il jure obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. · En 1853, la décision est prise, la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est décidera de la réalisation de la ligne qui relie Paris à Belfort. L'emprise de la ligne s'étalera sur 15 hectares. Quand la population apprit que son territoire et la vallée de l'Amance devaient être traversés par ce projet, une vague de mécontentement déferla. Un viaduc fut réalisé. D'une longueur de 260 m, il fut réparti sur 12 arches. La base de ses piliers (9,00 m x 2,70 m) repose sur des pièces de chênes, profondément enfoncées dans le sol. Les travaux allèrent " bon train " et le 22 février 1858, le premier convoi franchissait cette oeuvre d'art. · En 1854, Hortes fut  frappé par une épidémie de choléra, qui persistera principalement dans les maisons riveraines du ruisseau des Tanneries. · Un important feu de cheminée éclata à la mairie. · C'est le conseil municipal qui fixe la date d'ouverture de la vendange, suivant une loi de 1790. Cette réglementation
s'appelle : Le ban des vendanges. Le 18 juin 1855, Claude Viard fut réélu. Il quitta le notariat pour prendre sa retraite. Il décéda en 1856 et fut enterré  au village. Son fils lui succédera.

Alexandre-Antoine Viard, conseiller municipal sortant, est nommé maire le 7 janvier 1857. Il est né en 1820. Il reprend, le 25 juillet 1846, la succession de son père, Claude Viard, jusqu'en 1879. C'est sous son mandat que sont fondues les cloches de l'église Saint-Didier ainsi que la construction du nouveau clocher. · En septembre 1862, la place de la Halle s'appellera, Place Virey. Le 5 octobre de cette même année, une statue de Joseph Virey sera érigée sur cette place. Ce sera l'objet d'une grande fête organisée par la municipalité. Julien-Joseph Virey est né a Hortes le 21 décembre 1775. Son père, Nicolas Virey, est notaire au village. Julien, après de brillantes études, devient en 1804, médecin en chef de l'hôpital militaire du Val de Grâce. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la médecine et la philosophie. De 1831 à 1837, il est député de la circonscription de Bourbonne-les-Bains. Il reçoit le titre de Docteur de la Faculté de Paris. Il est officier de la Légion d'honneur. Deux bustes de Julien Virey sont réalisés. L'un en marbre, qui est placé dans la salle de mairie, l'autre en bronze, qui est placé sur sa stèle place Virey. C'est l'oeuvre du sculpteur parisien Lescorne. En 1942, l'armée allemande soustrait le buste en bronze. Après les hostilités, le buste n'ayant pas été retrouvé, c'est le buste en marbre qui le remplacera. Julien Virey décède en 1846. Alexandre-Antoine Viard est réélu le 14 août 1865. A cette époque, le nouveau maire, levant la main droite, prête serment devant le conseil municipal " Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l'Empereur ". L'adjoint au maire a la même obligation à une autre séance et enfin les conseillers. · En 1870, il existe une bibliothèque dans la commune. Elle
est transformée en bibliothèque populaire en 1889. Hortes possède une école maternelle. · En 1871, sévit l'épidémie de la petite vérole. Alexandre Antoine Viard  est réélu le 8 mars 1874. · En 1880, un atelier de charité sera institué, afin de faire exécuter des travaux pour venir en aide aux ouvriers sans travail. Ce 14 juillet sera le premier anniversaire de notre fête nationale. La commune vote un budget pour les illuminations. · En 1883, il est alloué douze francs à chaque sapeurpompier qui prendra un engagement de cinq années. · En 1885, le conseil vote l'interdiction de travailler le dimanche dans les coupes affouagères. · Un important feu de cheminée éclate à la mairie le 29 octobre 1889. Monseigneur Victor Viard, Protonotaire Apostolique, était le frère d'Alexandre. Il vivait dans la maison familiale qu'il avait fait construire et dans laquelle était édifiée une chapelle privée. C'est la demeure actuelle du docteur Marc Piketty, rue du Château. Alexandre Viard décède en 1906.
François Courtebray, cultivateur, est nommé maire, le 12 mars 1871, en remplacement d'Alexandre-Antoine Viard, capitaine mobilisé suite à la déclaration de guerre.
Antony-Joseph Girard est né à Aprey le 31 mars 1839. Il est fabricant de tuiles au village. Il est élu le 8 octobre 1876 puis successivement réélu les 21 janvier 1878, 29 janvier 1881, 18 mai 1884 et enfin le 20 mai 1888. ·C'est sous son mandat, le 26 mai 1881, que la fontaine rue de la Gare est créée. D'un diamètre de trois mètres, elle est en fonte. Elle est fournie par la maison Durenne de Sommevoire.
·En 1879 et 1880, des hivers rigoureux ont amené la commune à organiser une souscription pour venir en aide aux défavorisés, par la fourniture de denrées alimentaires.
· Lors de la séance du 29 octobre 1880, après de nombreuses réclamations d'affouagistes, la commune décide, afin d'éviter des procès contre elle, que chaque chef de famille aura droit à un lot entier pour une cotisation de 18 F. · Le lavoir de la rue de Gare est créé en 1883. Cette rue était une des plus majestueuses de Hortes car après la création du chemin de fer, donc d'une gare, une plantation de plusieurs rangées de tilleuls en fit une promenade très appréciée et ce, jusqu'à la ruelle  St-Didier. ·En 1885, le phylloxéra détruit la plupart des vignobles jusqu'en 1900. ·La commune va fêter le centenaire de l'ouverture des états généraux de 1789, qui ont fait l'émancipation du peuple français et proclamé " Les droits de l'homme ". En 1891, le conseil refuse l'introduction et la culture dans la région des cépages américains. Joseph Girard décède le 8 avril 1916.
Marion Martin Bailly est élu le 15 mai 1892 après trois tours de scrutin. ·Cette même année, à la suite d'un incendie, la commune oblige l'inspection des fours et des cheminées deux fois par an et le nettoyage de cheminée à la charge des habitants.
A cette époque, la population de Hortes compte 1048 habitants. On y recense 60 indigents.
·En 1893, il est posé une cloche pour annoncer l'ouverture du marché chaque mardi. Cette cloche n'existe plus. Seul son support est encore visible sur le mur du presbytère, côté de la mairie. Cette cloche sera aussi utilisée pour les rentrées de classe.
·Les pompiers, au nombre de 25, reçoivent pantalons de treillis et képis neufs.
·Le train présidentiel de Sadi Carnot fait un bref arrêt en gare de Hortes où le conseil municipal au grand complet honore son passage.
C'est un peu plus tard, cette même année, que le Président de la République, Félix Faure, ayant passé la nuit à Langres, se rend par le train en gare de Hortes. En effet, ce 7 septembre 1895, de grandes manoeuvres ont lieu dans la région et le Président visite quelques villages où sont stationnées les troupes. En fin de journée, toute la population est massée place Virey pour faire honneur et écouter le discours du chef de l'Etat. Rendez-vous compte, deux présidents de passage dans notre bourg, ce sont de merveilleux moments qui ne peuvent être oubliés. Le Président Sadi Carnot sera assassiné le 25 juin 1894 à Lyon, par l'anarchiste italien, Caserio. Le conseil rend hommage à son Président.
En 1896, Hortes est équipé d'un bureau télégraphique qui le relie à Chalindrey par une ligne aérienne. La personne chargée de porter les dépêches s'appelle " piéton municipal ".
Bernard Chaussier est élu au deuxième tour le 17 mai 1896. Le premier tour de scrutin désignait Martin Marion Bailly mais ce dernier refuse le mandat. Il est vétérinaire. Il habite la maison de Joël Venck, boucher, rue St-Didier. Il sera aussi en location au 1er étage de l'ancienne maison Laurent, actuellement propriété de Claude Pajusco, rue de Rosoy (future rue Camille Perfetti). ·Cette année, le conseil envisage d'élever un monument aux morts. 220
·A la séance du 23 juillet 1899, les suppressions de classes sont d'actualité pour la prochaine rentrée, le conseil s'oppose à cette décision. Il y a 60 élèves de 6 à 13 ans. Bernard Chaussier est réélu au premier tour le 20 mai 1900. ·Le 19 août 1900, à cause du manque d'effectif, l'école maternelle est supprimée ainsi que le poste d'instituteur s'y rapportant. Bernard Chaussier est réélu le 15 mai 1904. ·En 1907, la commune emprunte une somme d'argent auprès de Auguste Contrecivile, boulanger à Hortes, au taux de 4%. De 1910 à 1920, ce sont les banques qui prendront le relais des particuliers bien qu'une caisse locale de crédit existait déjà depuis 1894, suite à une loi du 5 novembre de cette même année. Bernard Chaussier est réélu le 17 mai 1908. ·La pompe à chaîne est installée rue de la Gare. Bernard Chaussier décède en 1911.
François Pechiné  est né à Hortes le 13 avril 1849. Elu le 6 décembre 1911, il sera en fonction jusqu'au 5 mai 1912. Il habite rue de la Barre, dans l'ancienne maison de Georges Parisel. C'est le grand-père d'Emile Péchiné (qui sera lui-même élu en 1947, au conseil municipal). Camille Perfetti est élu adjoint. ·En 1912, la commune projette de faire l'acquisition de la ferme de la Ferriere pour y loger le garde forestier. François Péchiné décède le 14 novembre 1935.
Camille Antoine Perfetti est né le 30 octobre 1875 à Bolivar au Venezuela. Jeune médecin, il s'installera à  Hortes en 1904. Il habitera respectivement, rue St-Didier puis rue de Rosoy. La municipalité fait apposer une plaque commémorative sur la maison où il vécut 1
la plus grande partie de sa vie. " Dans cette maison a vécu et est décédé, le 5 décembre 1956, Camille Perfetti, docteur en médecine, ancien ministre, Député de la Haute-Marne, Président du Conseil Général, Maire de la commune du 19 mai 1912 au 5 décembre 1956 "
 Il est élu maire le 19 mai 1912. ·En 1913, une proposition est faite à la commune de fournir de l'électricité pour un contrat de quarante années. ·Le 6 juin 1919, le conseil décide d'ériger le monument aux morts devant la mairie. Les habitants y participent par une souscription publique. Camille Perfetti est réélu le 10 décembre 1919. Il est élu député le 29 avril 1928. Camille Perfetti, pris de plus en plus par la politique, fait venir un jeune médecin au village, Gaston Geoffroy, à qui il cède sa clientèle. Il est réélu en 1932 et 1936. De 1935 à 1939, il est nommé questeur de la Chambre des Députés. 
Il sera nommé ministre des pensions pour quelques jours en 1935, durant les périodes mouvementées du front populaire, où les gouvernements se succédaient à un rythme inhabituel... Il est élu  Conseiller Général de la Haute-Marne le 30 septembre 1945, puis réélu le 27 mars 1949. Il obtiendra la présidence de cette assemblée. Il est chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre.
Il est très résolu dans ses décisions. Il gère bien les affaires
de la commune. En 1918 et 1919, il est mobilisé. Il sera médecin aux armées.
Léopol Rougeot remplacera Camille Perfetti. Il est agriculteur au village. Il habite dans la maison de Monsieur Breton, rue du Guet. ·En 1921, un incendie détruit une partie de  l'usine de Madame Scheurer. · Le captage de l'eau potable est réalisé en 1936 et 1937. · Ces mêmes années, la commune loue à L'USH, le terrain de sport actuel, " sous réserve que l'herbe soit laissée à la disposition du berger communal et que les élèves de l'école publique puissent l'utiliser pour la pratique des jeux et des sports."
Camille Perfetti est réélu respectivement le 16 mai 1925, le 18 mai 1929, le 12 mai 1935, le 19 mai 1945, le 31 octobre 1947, le 9 mai 1953. Il est membre de la direction du journal " Le Haut-Marnais Républicain ". Il milite pour le parti radical socialiste. Il est envisagé de construire la salle des fêtes sur le lavoir de la place Virey. Célibataire, il décédera à Hortes le 5 décembre 1956. En novembre 1994, le conseil municipal décide que la rue de Rosoy portera le nom de Camille Perfetti.
Lucien Péchiné, fils de François et père d'Emile, est désigné par l'occupant à la fonction de maire en juillet 1940, alors que Camille Perfetti est mobilisé. Lucien Péchiné est agriculteur. Il habite rue St-Didier, dans les propriétés respectives de Messieurs Martial Meneu et Robert Bourdeaux. Lucien Péchiné décède le 4 juillet 1947, à l'âge de 73 ans.
Roger Paul Marie Collin est né à Hortes le 5 novembre 1912. Il est agriculteur au village. Il entre dans la vie publique à la Libération. Elu Conseiller-Général  en 1970, il représentera le canton de Terre-Natale durant dix-huit ans. Le 19 mai 1945, il est élu adjoint mais n'accepte pas son mandat. ·Le début des travaux de l'adduction d'eau potable a débuté en mai 1951. En 1952, les habitants ont " l'eau sur l'évier ". Il est adjoint du docteur Camille Perfetti le 31 octobre 1947 et le 9 mai 1953. Il est élu maire le 2 février 1957. · De 1956 à 1961, en raison des événements d'Algérie, les réjouissances du 14 juillet sont supprimées. · En 1958, le conseil approuve le projet du foyer culturel dressé par Monsieur Lamy, architecte à Chaumont. Roger Collin est réélu le 15 mars 1959. Le foyer rural est inauguré le 19 octobre 1961. Cet emplacement appartenait à Madame veuve Bresson qui a cédé sa maison pour la somme de 18 000 F à la commune. Roger Collin est réélu le 20 mars 1965. Il faut noter que les chemins ruraux créés sous son mandat, bénéficient de prêts  au taux particulièrement favorable de 0,50% ! ·C'est en 1968 que les prunus de la rue de Langres sont plantés. · En 1970, la commune supprime la taxe sur les chiens. L'état de son côté, instaure la TVA au taux de 33,33% sur les aliments pour chiens et chats ! Revenu nettement plus important. Roger Collin est réélu successivement les 20 mars 1971, 5 juillet 1972 et 20 décembre 1972. ·Le 12 mai 1972, Haute-Amance est créée. Hortes en devient la commune centre. C'est une union pour le développement, qui est réalisée avec les communes de Montlandon et Troischamps. Rosoy-sur-Amance s'y joindra le 17 octobre 1972. Le bâtiment de la cantine est racheté par la commune en 1972. Une école maternelle est créée, à titre provisoire, dans un bâtiment préfabriqué. Le provisoire aura servi vingt deux ans ! En août de cette même année, ce bâtiment sera installé. ·Le lavoir rue de la Gare, créé par la commune en 1883, est vendu à Bouziane Larbaloui pour y édifier son habitation. Cette dernière sera rachetée par Mademoiselle Simone Fandeleur pour y faire sa résidence secondaire en juin 1990. · La commune décide  de canaliser le ruisseau des Tanneries. C'est un énorme travail qui changera le paysage du village, surtout pour les riverains. Cela représente plus de six mois de travaux à l'entreprise Zerbini, adjudicataire du chantier. Un tuyau de 1,40 m de diamètre pour les eaux fluviales et un de 0,25 m
pour l'égout seront posés sur plus de 600 mètres. Seule, la place Virey avait été rebouchée sous le mandat d'Alexandre Viard. Auparavant, elle était traversée à gué. · Le 20 janvier 1973, le hangar de Raymond Guillaume est totalement détruit par un incendie. L'année suivante, les pompiers mettent en service une sirène municipale. · Suite à une circulaire préfectorale, André Bailly est nommé responsable pour la surveillance des objets précieux des églises de Haute-Amance. Roger Collin est réélu le 26 mars 1977. ·En 1978, Hortes fait partie des sites à l'étude pour réaliser la décharge départementale. ·En 1982, l'ancien lavoir rue de Langres est vendu aux enchères publiques. C'est Clément Gillot qui en fera l'acquisition pour en faire son garage. Le mandat de Roger Collin se termine en 1983. Ce sera le dernier car il ne se représentera pas. Homme très tolérant, il fait preuve d'une grande  ouverture d'esprit. Le monde agricole sera son fief. Il assume avec un grand dévouement diverses présidences. Il est titulaire de nombreuses distinctions parmi lesquelles on peut noter : la rosette d'Officier de l'Ordre national du Mérite et la cravate de commandeur du Mérite Agricole.
Pierre Yves Henri Rousselot est né à Langres le 14 juin 1955. Il est issu d'une famille d'agriculteurs. Son père, Martin Rousselot, fut maire de la commune de Velles. Elu à l'age de 27 ans, Pierre Rousselot sera le plus jeune maire de Haute-Amance. Depuis 1988, il est Conseiller Général du canton de TerreNatale. Il est élu maire au deuxième tour de scrutin, le 19 mars 1983. En effet, Jean-Marie Todeschini élu au premier tour, décline la fonction. Il est infirmier libéral.
Le projet d'aménagement de la place Virey, présenté par le service de l'équipement est rejeté par le conseil.
Le 11 juillet 1984, à 19H45, Hortes subit des dégâts considérables : tempête, vent d'une rare violence, grêlons d'une taille exceptionnelle dévastent toitures et intérieur des habitations. ·La salle des fêtes est rénovée en 1986 et 1987. ·En 1987, achat d'une motopompe à incendie. ·En novembre 1987, un projet culturel se dessine. En 1988, le Festival du Mystère verra le jour pour six représentations. Il sera renouvelé en 1989. Pierre Rousselot est réélu le 25 mars 1989. ·En 1989, une étude géologique est réalisée, dans le cadre du projet d'aménagement du Val de Presles. Un complément d'étude est réalisé en 1991. ·En mai 1994, création de la communauté de communes du Pays d'Amance. Il en est le président. C'est à ce moment que la Société Haute-Marnaise des Bois va devenir Kalso SA. Cet important groupe finlandais s'établit à Hortes où la communauté de communes investit pour l'avenir de l'emploi, par la mise sur pied d'une usine relais pour un montant de huit millions de francs. Ce complexe, ultra moderne, est inauguré le 31 janvier 1995. Pierre Rousselot est le plus jeune Conseiller Général de la Haute-Marne. Il se représente aux élections cantonales de 1994. Il est réélu le 27 mars. Il est président de l'Association départementale des gîtes de France et du tourisme vert. Le combat sur le terrain, il connaît. C'est un praticien chevronné. Il réglera le problème  si ardu de l'eau potable, qui, avec l'évolution de notre consommation moderne et peut-être l'appauvrissement de nos sources, est devenu, surtout en période estivale, un épineux problème. La commune adhère au SMIPEP, qui fournira, par d'importants travaux, cette eau en quantité et en qualité. ·Les bâtiments  communaux seront rénovés, le ruisseau des Tanneries sera recouvert sur 200 mètres. L'informatique est entrée en force au secrétariat de mairie. De très importants investissements ont été faits dans les bâtiments scolaires, suite à une restructuration du groupe pédagogique de Haute-Amance. · L'aménagement en espaces verts est intense. Au début du siècle, Hortes possédait sur son espace public, une importante masse de verdure, composée de nombreux arbres : tilleuls, sapins, peupliers, ormes, thuyas... Par suite de maladies, de l'évolution des constructions (pavillons et lotissements) et de l'évolution de l'infrastructure routière, cet ensemble de verdure fut aménagé par chaque municipalité selon les moyens du moment et la volonté des élus. ·En 1995 est mis sur pied le numérotage des habitations et des fermes extérieures au village ainsi que  la mise en place des plaques de rue. La rue de la Gare sera baptisée, rue de Beaulieu. La cantine sera, cette même année, totalement restructurée
La mairie Ce vaste bâtiment, construit en 1835, sous le mandat de Jean Bailly, abrite les quatre salles de classe, les logements des instituteurs, la salle de réunion du conseil, le secrétariat  et le bureau du maire. Le style du fronton se retrouve sur d'autres mairies de Haute-Marne. Ces dernières années, sa rénovation entreprise fut très importante. Pratiquement, toutes les fenêtres sont remplacées par des vitres isolantes et les planchers disparaissent au profit de carrelages dont l'entretien est plus rationnel. Les deux appartements des instituteurs sont aussi refaits en totalité. Les wc des écoles, si vétustes, sont modernisés en 1994.